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  • Rideau thermique doublé devant une fenêtre en hiver, buée sur la vitre
  • Rideau thermique : combien fait-on vraiment d'économies ?

    Rideaux Paris


    La question tombe chaque automne, presque mot pour mot : est-ce qu'un rideau thermique fait vraiment baisser la facture ? La réponse honnête tient en deux phrases. Oui, il change quelque chose de mesurable, surtout sur une fenêtre médiocre. Non, il ne remplace pas une fenêtre, et personne n'a jamais divisé sa facture de chauffage par deux avec des rideaux.

    Voyons les ordres de grandeur, puis ce qui fait la différence entre un rideau qui travaille et un rideau qui décore.

    Comment un rideau thermique agit, physiquement

    Le tissu lui-même isole peu. Ce qui isole, c'est la lame d'air immobile qu'il emprisonne entre la vitre et lui. L'air est un excellent isolant tant qu'il ne bouge pas ; dès qu'il circule, il transporte la chaleur et l'effet s'effondre.

    Le rideau agit donc sur trois fronts :

    • La convection. En hiver, l'air en contact avec la vitre froide se refroidit, descend le long du mur et vient balayer vos pieds. C'est cette sensation de courant d'air alors que toutes les fenêtres sont fermées. Un rideau qui descend jusqu'au sol coupe ce circuit.
    • Le rayonnement. Votre corps rayonne vers la surface froide de la vitre. C'est pour cela qu'on a froid près d'une fenêtre alors que le thermomètre affiche 20 degrés au milieu de la pièce. Un rideau interpose une surface tiède entre vous et le froid.
    • Le solaire, en été. Le même rideau, fermé en journée côté sud ou ouest, renvoie une partie du rayonnement avant qu'il ne chauffe le sol et les murs.

    Les chiffres, sans embellissement

    Une fenêtre représente en général 10 à 15 % des déperditions d'un logement, loin derrière la toiture et les murs. Sur ces 10 à 15 %, un rideau épais bien posé récupère une fraction. Les mesures publiées sur ce sujet convergent vers une réduction de 10 à 25 % des pertes par la fenêtre elle-même, ce qui se traduit au niveau de la facture de chauffage complète par quelques pour cent. Un ou deux, parfois trois sur une pièce très vitrée en simple vitrage.

    Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas là que se situe l'intérêt réel. Le gain que les clients ressentent, et dont ils nous reparlent, est ailleurs :

    • Le confort près de la fenêtre. La température ressentie à un mètre de la vitre remonte de 1 à 3 degrés, parce que le rayonnement froid disparaît. C'est ce qui permet de baisser le thermostat d'un degré sans avoir plus froid, et un degré de moins, lui, représente environ 7 % de consommation de chauffage.
    • La disparition du courant d'air froid au sol, qui rend un canapé placé sous la fenêtre à nouveau utilisable en janvier.
    • L'été. Le gain est plus spectaculaire qu'en hiver : sur une baie exposée plein ouest, fermer les rideaux entre midi et 18 heures évite plusieurs degrés d'accumulation dans la pièce. Là, l'économie est directement celle du ventilateur ou de la climatisation.

    Retenez la logique : le rideau thermique ne fait pas gagner beaucoup sur la fenêtre, il fait gagner sur le thermostat, parce qu'il rend supportable une consigne plus basse.

    Le facteur qui décide de tout : la pose, pas le tissu

    Deux rideaux identiques peuvent donner un résultat parfait ou nul selon la manière dont ils enferment la lame d'air. Un rideau qui ne descend qu'à l'appui de fenêtre laisse l'air froid tomber en cascade dans la pièce : l'effet est presque annulé. Un rideau posé à 10 cm du mur, ouvert sur les côtés, fonctionne comme une cheminée qui aspire l'air froid vers le bas et le renvoie tiède vers le haut.

    Les quatre points à respecter, par ordre d'importance :

    • Jusqu'au sol, à un centimètre près. C'est de très loin le point le plus déterminant. Un rideau qui s'arrête à 20 cm du sol perd l'essentiel de son intérêt thermique.
    • Déborder de 15 à 20 cm de chaque côté, pour que le tissu se ferme sur du mur plein et non sur le bord du vitrage.
    • Poser haut et près du mur. Un rail fixé au plafond ferme le haut de la lame d'air, là où une tringle laisse un passage ouvert.
    • Ne pas coincer un radiateur derrière. Si le radiateur est sous la fenêtre, arrêtez le rideau juste au-dessus, ou orientez le tissu devant l'appui : un rideau qui recouvre un radiateur envoie sa chaleur directement contre la vitre, c'est-à-dire dehors.

    Ce qu'il faut regarder sur la fiche produit

    Trois valeurs sont utiles, le reste est de la communication :

    • Le grammage. En dessous de 200 g par mètre carré, l'effet thermique reste anecdotique. Entre 250 et 400 g, on est dans la zone utile. Au-delà de 450 g, on gagne encore un peu, mais le rideau devient lourd pour une tringle sans perçage.
    • La présence d'une doublure. Une doublure, même simple, crée une seconde lame d'air. C'est un meilleur investissement qu'un tissu simple deux fois plus épais. Une doublure enduite ou aluminisée ajoute une réflexion du rayonnement, particulièrement efficace côté été.
    • La densité du tissage. Un velours dense piège de l'air dans ses fibres et fait mécaniquement un bon isolant, c'est pour cela que le velours reste la valeur sûre des pièces froides. Un polyester tissé serré et doublé s'en approche pour un budget et un entretien plus légers.

    Si vous avez déjà des rideaux que vous aimez, inutile de les remplacer : une doublure thermique s'accroche derrière eux sur la même tringle et fournit l'essentiel du gain pour une fraction du prix. C'est la solution que nous recommandons en premier à quiconque possède déjà des tentures lourdes.

    Où le rideau thermique ne sert presque à rien

    Autant le dire clairement, cela évite des déceptions :

    • Sur un double vitrage récent bien posé, le gain devient marginal. Le rideau reste utile pour le confort en soirée et pour l'été, mais n'espérez rien de visible sur la facture.
    • Sur une fenêtre dont le joint fuit. Un courant d'air réel traverse le rideau. Un joint à 8 euros remplacera avantageusement une paire de rideaux à 80.
    • Rideaux ouverts. Un rideau ne travaille que fermé. Une paire de rideaux thermiques qu'on oublie de fermer à la tombée de la nuit ne fait rien du tout.

    Le geste qui vaut plus que le produit

    La routine qui donne les meilleurs résultats mesurés, hiver comme été, ne coûte rien :

    • En hiver : rideaux grands ouverts dès qu'il y a du soleil pour laisser entrer les apports gratuits, refermés dès que la lumière baisse, avant que la vitre ne refroidisse. Fermer à 17 heures plutôt qu'à 22 heures, c'est cinq heures de déperdition en moins chaque jour.
    • En été : exactement l'inverse. Fermés dès la fin de matinée sur les façades exposées, ouverts la nuit pour ventiler.

    Dans une chambre, ce réflexe se combine naturellement avec l'obscurité recherchée le soir, ce qui explique que la plupart de nos rideaux occultants soient également doublés thermiques : c'est la même doublure qui rend les deux services. Au salon, la contrainte est différente : on veut de la lumière la journée, donc un rideau qui s'ouvre vraiment en grand, ce qui suppose une tringle qui déborde largement.

    Alors, combien d'économies ?

    Formulé honnêtement : quelques pour cent sur la facture de chauffage, davantage sur une pièce en simple vitrage ou très vitrée, et un confort qui autorise un degré de moins au thermostat, ce qui pèse plus lourd que le rideau lui-même. Une paire de rideaux thermiques correcte se rembourse en général sur deux à quatre saisons de chauffe dans un logement mal vitré, et ne se rembourse jamais complètement dans un logement neuf, où on l'achète pour le confort et pour l'été.

    Méfiez-vous de tout vendeur qui vous annonce 30 % d'économies : cette valeur circule parce qu'elle décrit la réduction des pertes de la fenêtre seule, dans un cas favorable, et non la facture du logement. La confusion est arrangeante, mais elle ne résiste pas à un relevé de compteur.